Le déclenchement

Dans certaines situations, l’accouchement doit être déclenché, c’est à dire que le corps médical intervient avant que l’accouchement ne se mette en route spontanément.

Comment cela se passe-t-il en pratique ?

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Qu’est-ce que le déclenchement d’un accouchement ?

C’est l’ensemble des méthodes qui permettent d’aboutir à la naissance d’un enfant sans attendre la mise en route spontanée du travail.

Dans quel cas a-t-on recours au déclenchement ?


L’accouchement peut être déclenché s’il y a une pathologie maternelle avec un danger pour la mère ou le bébé (prééclampsie, cholestase gravidique, souffrance foetale…)

Dans le cas d’un dépassement de terme, l’accouchement est souvent déclenché artificiellement 2 à 7 jours la date présumé d’accouchement, selon le protocole en place dans les maternité.

Il existe également ce qu’on appelle “le déclenchement de convenance” qui peut être pratiqué pour arranger les familles (par exemple pour être sur que le père pourra être présent à l’accouchement) ou parce que ça permet d’améliorer l’organisation du service dans certaines maternités!  En théorie, cette pratique doit être exceptionnelle car elle n’est pas anodine et il existe des risques liées à l’utilisation d’hormones syntéthiques en vue de démarrer le travail.

Comment cela se passe-t-il ?


En premier lieu, un monitoring est réalisé afin de voir si le bébé va bien.  

Le col de l’utérus est examiné, pour déterminer s’il est “mur” (effacé, voir ouvert) ou s’il a besoin de maturer davantage, auquel cas un gel, un tampon ou un comprimé à base de protaglandines synthétiques sera inséré dans le fond du vagin.

Une fois que le col de l’utérus est “favorable”, une péridurale est posée en même temps qu’une perfusion d’ocytocine synthétique (hormone permettant le déclenchement des contractions).

Éventuellement, la poche des eaux sera percée quand ce sera possible afin d’accélérer le travail.

Une fois le déclenchement lancé, l’accouchement doit avoir lieu, par voie basse dans le meilleur des cas, et par césarienne si des problèmes sont rencontrés (temps de travail trop long ou qui stagne, détresse foetale…)  

Combien de temps cela peut-il prendre ?


Cela peut aller jusqu’à 48 heures pour un premier enfant mais dans la majorité des cas, cela prend moins de 24 heures.

 Y’a-t-il des différences par rapport à un accouchement spontané?


Oui, les contractions sont plus intenses pour la mère et pour le bébé, c’est pour cela que l’on déclenche quasiment exclusivement sous péridurale.

L’ocytocine synthétique empêche en partie la production d’ocytocine naturelle, qui a également pour rôle d’améliorer la gestion de la douleur et de favoriser l’attachement.

Le risque de césarienne est également accru.

Lien avec les violences obstétricales :

Le déclenchement peut être une violence obstétricale si celui-ci est réalisé sans le consentement libre et éclairé des parents : poser la perfusion d’ocytocine sans l’accord des parents (que ce soit pour déclencher le travail, mais aussi par exemple pour l’accélérer dans le cas d’un accouchement qui s’est mis en route spontanément), percer la poche des eaux…

Pour donner leur consentement, les parents doivent avoir toutes les informations nécessaires sur le déroulement, la procédure et les risques éventuels afin de pouvoir prendre leur décision pleine et entière.

Si ces conditions ad oc ne sont pas respectées, les droits du patient hospitalisé ne sont pas respectés et cela rentre pleinement dans le champ des violences obstétricales car le déclenchement est subi et non consenti.

Les critiques d’associations d’usagers reprochent aux professionnels de santé et aux pouvoirs publics une réticence à remettre en question une pratique dont le premier effet serait de minimiser le coût de la surveillance, en termes de ressources humaines, de compétences et de moyens financiers, au détriment de l’exercice du consentement éclairé.

L’association “Timéo et les autres”

Nous avons eu la chance lors de notre formation de doulas d’avoir une visio-conférence avec Anne LOIRETTE, fondatrice de l’association « Timéo et les autres » qui milite ardemment contre le déclenchement au cytotec.

L’association a pour objectif de permettre aux parents d’avoir toutes les informations nécessaires sur les conséquences d’un déclenchement au cytocec sur le bébé.

https://timeo-asso.fr/content/

“Le cytotec (misoprostol) : Un médicament contre l’ulcère gastrique détourné de son usage par quelques gynécologues pour déclencher les accouchements à faible coût.

  • Le cytotec n’a pas d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) pour les déclenchements à terme sur enfant vivant.
  • Des accidents graves ont été signalés.

Les considérations économiques ne doivent en aucun cas primer sur la sécurité des mères et de leur bébé.

Vous pouvez d’ailleurs soutenir le combat en signant la pétition « accouchements déclenchés au cytotec, arrêtons le massacre »

https://timeo-asso.fr/content/index.php?page=petition-cytotec

Le saviez vous?

  • La DPA (date présumé de l’accouchement) ne devrait plus être utilisée. On parle aujourd’hui de “Période présumée d’accouchement” qui se situe entre 39 et 42 semaines d’aménorrhées, puisqu’on estime qu’une grossesse “normale” peut varier entre 37 et 43 semaines d’aménorrhées (pour plus d’informations, c’est ICI) . Le déclenchement dans le cadre d’un dépassement de terme n’est donc pas lié à un danger réel ou supposé, mais au protocole en place dans la maternité dépendant de la compagnie d’assurance. La maternité a signé cet accord, pas les patients, qui sont en droit de refuser le déclenchement.
  • Vous avez le droit d’être informé sur l’intégralité des actes médicaux réalisés sur vous et sur vos enfants, ainsi que la composition de chaque produit. Si un déclenchement est prévu, vous pouvez demander quel est le produit utilisé pour mettre en route les contractions et exiger qu’un autre soit utilisé (exemple du cytotec qui doit absolument être refusé).
  • Vous pouvez refuser d’être déclenchée dans le cas d’un déclenchement de convenance qui arrangerait l’équipe médicale… la programmation de son accouchement “le lundi à 9h” n’est pas une fatalité.
  • En 2013 en France : 22% des accouchements sont déclenchés, 58% des accouchements « spontanés » sont accélérés par perfusion d’ocytocine. L’hémorragie du post-partum est la 1ère cause de mortalité maternelle (et celle ci est étroitement liée à l’utilisation d’ocytocine pendant l’accouchement)… De quoi faire réfléchir…